À la veille du XXIᵉ siècle, des centaines de milliers de personnes ont été victimes de la répression, de la pauvreté et de la guerre. Partout dans le monde, des gouvernements ont eu recours à l’emprisonnement, à la torture ou au meurtre pour réduire au silence leurs opposants ou conserver le pouvoir. Le manque de liberté politique et d’égalité sociale a soulevé des mouvements de protestation qui ont été brutalement réprimés dans nombre de pays. Ce Rapport annuel 2000 d’Amnesty International décrit les atteintes aux droits humains commises dans plus de 140 pays et territoires au cours de l’année 1999.
Dans certains États, l’instabilité a dégénéré en conflit armé ouvert ou en chaos, entraînant la mort d’innombrables hommes, femmes et enfants. Les interventions militaires de la communauté internationale au Kosovo et en Tchétchénie ont relancé le débat sur la manière dont la communauté des nations devrait réagir aux violations massives des droits humains.
Selon Amnesty International, le problème n’est pas de multiplier les avertissements, mais d’agir quand il est encore temps.
Si ce rapport dresse un triste état du monde, il témoigne aussi de la créativité et de la détermination des défenseurs des droits humains, de l’ampleur du problème et des dangers auxquels ils s’exposent, mais aussi du courage. Ils ont organisé des mouvements de protestation, mobilisé l’opinion en faveur du changement et porté la voix des victimes de la répression. Cherchant sans cesse à attirer de nouvelles énergies, ils contribuent à l’édification d’un mouvement mondial pour les droits humains auquel Amnesty International est fière d’appartenir.