Resume
Ce n'est pas un roman ordinaire qu'a écrit là Manuel Cofino Lopez. Venant d'un écrivain vivant à Cuba et en plein contexte révolutionnaire, on pouvait s'attendre à un roman politique. Et, oui, bien sur, le Cuba de Castro est présent. Mais c'est avant tout aux etres humains que s'est attaché l'auteur. Révolutionnaires et contre-révolutionnaires sont ici essentiellement des homes et des femmes malaxés et entrainés par leurs passions, leurs espoirs, leurs ambitions, leur mémoire, leurs regrets. Et de toute facon les lois internes de l'espèce déploient leur jeu pour les prendre auxx fatalités de l'amour et leur rappeler, tandis qu'ils suent sous le soleil, luttent conrre les éléments, se battent entre eux et croient tous etre le bon combat, qu'il y a quelque chose de plus fort qu'eux et qui peut les pousser à se rejoindre, meme, s'il le faut, à travers la mort. Et puis, il y a, présentes dans l'ombre toutes les autres puissances secrètes et mystérieuses de la nature et de l'homme : celles qui sécrètent les grandes peurs, les superstitions, mais aussi les mythes d'où naissent les figures légendaires, les héros; les demi-dieux, portés par la voix populaire de veillée en veilléée, de siècle en siècle. Avec une maitrise rare, Manuel Cofino Lopez passe d'un plan à l'autre, du récit épique au monologue intérieur ou à la faible contée de la superstition collective. Et cela donne un livre fort, d'une grande beauté, d'une granfe poésie--livre d'action et de réflexion à la fois, en meme temps que "livre à rever", où la réalisme rationnel ne cesse jamais d'etre melé de "réel merveilleux", pour reprendre l'expression d'Alejo Carpentier.