Resume
Malgré plus d'une décennie de privatisations, les entreprises publiques représentent une part de l'économie des pays en développement presque aussi importante aujourd'hui qu'il y a 20 ans. Ces entreprises sont souvent inefficaces et les pertes qui en résultent pour l'économie freinent la croissance; par conséquent, il est plus difficile d'échapper à la pauvreté. L'ouvrage résumé ici s'appuie sur des données complères et des études de cas détaillées pour montrer comment le désengagement de l'État et d'autres réformes peuvent améliorer la performance économique, pourquoi la politique entrave souvent les réformes et comment les pays réformateurs ont surmonté ces obstacles.
Pourquoi les pays qui ont entrepris des réformes sont-ils si peu nombreux? L'Etat chef d'entreprise explique que rares sont les pays réunissant les trois conditions nécessaires. Il faut, tout d'abord, que leurs dirigeants jugent la réforme politiquement souhaitable (c'est-à-dire qu'ils aient le sentiment que leur électorat est favorable à la réforme); deuxièmement, que la réforme soit politiquement réalisable (c'est-à-dire qu'ils voient en mesure de triompher de l'opposition qu'elle suscite); et, troisièmement, que leur promesse de protorse droits de propriété
des investisseurs et d'indemniser le personnel licencié soit crédible.
Pour montrer pourquoi les réformes réussissent dans certains pays et échouent. pare la politique applicable aux entreprises publiques dans 12 pays. Les pays quo parti du désengagement de l'État, de la concurrence, de l'austérité budgétaire et dev cier. Ces 12 pays se sont tous efforcés de modifier les rapports entre l'Etat et les enti
Louvrage com-attiré le meilleur leur secteur finan-publiques au moyen
de contrats.
L'ouvrage montre l'importance des contrats pour la réforme, qu'il s'agisse des contrats de plan (entre l'État et les directeurs d'entreprises publiques), des contrats de gestion (entre l'Etat et les directeurs privés d'une entreprise publique) ou des contrats de services (entre l'État et les propriétaires d'un monopole privatisé et réglementé).
S'appuyant sur l'expérience d'un très grand nombre d'entreprises, il analyse comment les contrats de plan, largement encouragés par les institutions de développement, et notamment par la Banque mondiale, n'ont pas amélioré les performances des entreprises; comment les contrats de gestion ont donné de meilleurs résultats (mais seulement dans des cas particuliers); et comment les contrats de services ont généralement donné de bons résul-tats, à condition que le gouvernement soit capable de concevoir et d'appliquer des réglementations efficaces.
Cet ouvrage est rigoureux dans sa méthode et lucide dans sa présentation. Il contient des recommandations détaillées concernant la réforme des entreprises publiques et s'adresse tout autant à des experts qu'à des non-spécialistes.
L'État chef d'entreprise est le quatrième d'une série de Rapports sur les politiques de développement destinés à faire connaître à un large public les résultats des recherches de la Banque mondiale sur d'importantes questions.