Resume
Les habitants primitifs, qu'il s'agisse des
Indies des lacs d'Amérique du Nord, des
Indiens du lac Titícaca ou des peuples des
steppes du sud de la Mongolie vivant au bord
du lac Baíkal, consideraient alcurs» lacs
comme des êtres animés, des dicux, des
bienfaiteurs. Cette vue des chose intéresse
aujourd'hui tout au plus les anthropologues
ou les ethnologues. En effet, on peut
aujourd'hui mesurer exactement leurs
dimensions, les définir de manière concrète
géographiquement et géologiquement. On
put également chiffrer leur utilisation
comme reservoirs d'eau potable, voies
navigables ou fournisseurs de poisons. On
les maîtrise, pense-t-on.
Et puis, à un certain moment, quand
T'homme a trop longtemps méprisé, voire
maltraité «son» lac, c'est le lac qui agit. Il
fournit moins de poisons, son eau n'est plus
potable, il se trouble. Le moment est alors
venu ou les protecteurs de l'environnement
et de la nature ont une certaine chance d'être
entendus; en effet, un grand lac moribond
est un grand problème. Que se passerait-il si
les yeux de la Terre, les grands lacs,
devenaient aveugles?
Heureusement, il existe maintenant des
programmes de protection et d'assainisse-
ment, et même là où ils n'existent pas
encore, on devient de plus en plus conscient
du fait que le pouvoir réparateur de la nature
ne suffit pas pour tous les dommages causés
par l'homme. Si les prévisions de l'ONU s'averent exactes, à savoir que l'eau sera une
resource très convoitée faisant l'objet de
conflits, les grandes mers d'eau douce
revétiront une importance encore inimag-
inable aujourd'hui dans la politique mon-
'diale. Raison de plus pour les respecter et les
ménager.