Resume
Au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal, les femmes ont globalement un tiers de chances en moins que les hommes, de bénéficier des avantages de la société africaine de l'information. Cela appelle de la part des décideurs politiques publics et civils, la mise en oeuvre d'actions, pour une société plus juste et inclusive en terme de genre.
A l'heure où les technologies de l'information et de la communication
(TIC) sont investies de la mission de lutter contre la pauvreté, il est nécessaire de mener des actions politiques courageuses, pour que le secteur des TIC bénéficie équitablement aux femmes et aux hommes, condition nécessaire du développement humain durable.
L'indicateur synthétique de la fracture numérique de genre construit dans le cadre de cette recherche, est basé sur quatre composantes (contrôle, contenus, capacités, connectivité) regroupant 18 indices. II permet de mesurer les disparités de genre dans l'accès, l'usage et la maîtrise de trois technologies de l'information et de la communication d'importance stratégique pour la promotion de l'égalité de genre : l'ordinateur, Internet, et le téléphone portable.
Le bilan est pénible : la fracture numérique de genre est une inquiétante réalité dans chacun de ces domaines, et plus particulièrement en termes de contrôle, de contenus et de capacités.
Seules les populations jeunes et scolarisées en cycle secondaire semblent échapper aux disparités de genre, mais la société africaine de l'information semble ne préparer aux femmes qu'une place secondaire de consommatrices et de "petites mains".