Resume
De Platon à Marx, la pensée politique s'est présentée comme application d'une théorie de l'essence de la société et de l'histoire. Fondée sur une ontologie identitaire pour laquelle étre a toujours signifié être déterminé, elle a occulté l'être propre du social-historique comme imaginaire radical.
La première partie de ce livre (« Marxisme et théorie révolutionnaire », publiée dans Socialisme ou Barbarie en 1964-1965), montre comment
Marx, prisonnier de cette ontologie, a été amené à étouffer lui-même
les germes nouveaux que contenait sa pensée. Le projet révolutionnaire excède toute « fondation rationnelle » : une nouvelle institution de la société implique un dépassement de la « raison » instituée. Il s'agit de voir l'histoire comme création, la société instituante ou l'imaginaire social à l'œuvre dans la société instituée, le social-historique comme mode
d'être inconnu de la pensée héritée.
La deuxième partie (« L'imaginaire social et l'institution ») montre dans le social-historique une genèse ontologique, une création continuée, auto-altération qui se fait être comme institution. Cette institution - du monde, des individus, des choses — étayée sur la nature, comporte toujours une dimension identitaire, mais est essentiellement création d'un marma de significations imaginaires sociales. La société ne se connait ; us généralement comme auto-institution : aliénation dont la croyance en une origine extra-sociale de l'institution et sa rationalisation par la pensée héritée ne sont que des manifestations Le proiet révolu-tionnaire, projet d'une auto-institution explicite de la sontene dépend que du faire social des hommes, dont le penser politicie enser de
la société comme se faisant - est une composante essel
CORNELIUS CASTORIADIS
Né en 1922, Cornelius Castoriadis a fait à Athènes des études de droit, d économie et de philosophie. Après avoir constitué, avec d'autres mili-tants, un groupe s'opposant à l'orientation chauvine du P.C. grec sous l'occupation, iladhéra, fin 1942, à l'organisation trotskiste animée par Spiros Stinas avec qui il milita jusqu'à sa venue en France fin 19=5 Dans le P.C.I. français il fonda en 1946, avec Claude Lefort, une tendance qui, rompant avec le trotskisme en 1948, s'est constituée en groupe autonome et a entrepris la publication de Socialisme ou Barbarie Apter des principaux textes définissant l'orientation de Socialisme su Barbarie il a animé le groupe et la revue jusqu'à leur dissolution en 90S. Ses écrits de cette période, augmentés d'inédits et de nouveaux textes, sont en cours de publication dans la collection 10/18 (quatre volumes à ce jour):
En juin 1968, il a publié, avec Edgar Morin et Claude Lefort Mai 1968
la brèche (Fayard). Membre du comité de rédaction de Textures, il a publié dans C.F.D.T. aujourd'hui des textes de critique de la hiérarchie des revenus et du commandement. Il prépare actuellement un ouvrage sur l'Élément imaginaire.